Un homme âgé de 30 ans a été arrêté vendredi dans une cité de Nanterre avec 500 grammes de cocaïne, 1200 grammes de cannabis et 5000 euros en liquide dans sa voiture. A son domicile les policiers ont découvert un arsenal : un pistolet-mitrailleur Skorpio de calibre 6,35 mm), un revolver 45 Uberti (11,43 mm), un pistolet automatique Astra (6,35 mm), un pistolet automatique 75 (9 mm) et un pistolet automatique 30 DK (9 mm) ainsi que les cartouches pour ces armes.
La voiture intégralement démontée
L'interpellation, menée par des policiers du service départemental de police judiciaire de Saint-Saint-Denis (SDPJ 93), s'est déroulée dans la cité Pablo-Picasso à Nanterre (Hauts-de-Seine). L'homme a été arrêté alors qu'il se trouvait à bord de sa voiture.
Une première fouille du véhicule a permis de découvrir 500 grammes d'herbe de cannabis. Mais les policiers ne se sont pas arrêtés là : le démontage intégral du véhicule a révélé ensuite la présence d'un pain de 567 grammes de cocaïne, d'un pain de 718 grammes de résine de cannabis et 5.000 euros en liquide.
Lors d'une perquisition au domicile du suspect, les policiers ont trouvé 1,2 gramme d'héroïne, une balance pour peser la drogue, une presse pour le cannabis et des sachets de conditionnement de drogue.
Le suspect a été placé en garde à vue dans les locaux du SDPJ 93. En matière de drogue, la garde à vue peut aller jusqu'à 96 heures.
Trafic de Drogue a la cité Pablo-Picasso
DOUZE ANS de prison. Le procureur, Fabien Ganivet, a requis douze ans de prison contre le chef présumé du réseau de trafiquants de drogue de Pablo-Picasso, à Nanterre. Pour les autres membres de ce trafic, qui a conduit 26 prévenus devant le tribunal correctionnel, jugés de mardi à hier soir, les peines requises vont de neuf mois à neuf ans de prison ferme, selon leurs rôles et positions dans l'organigramme du réseau chargé d'écouler cannabis, cocaïne et ecstasy dans la cité. Jeudi, tard dans la soirée, Fabien Ganivet aura déroulé ses réquisitions pas moins de six heures durant. Des heures de surveillance Toute la journée d'hier, les plaidoiries des avocats - dont une belle brochette de ténors des barreaux franciliens, comme Jean-Yves Liénard, Joseph Cohen-Sabban, Morad Falek, Gérard Tcholakian, David-Olivier Kaminiski... - se sont enchaînées. Et les oreilles des enquêteurs de la sûreté départementale, qui ont mis ce trafic au jour entre septembre 2003 et juin 2004, ont dû siffler. Majoritairement, les défenseurs des prévenus ont remis l'enquête en question, s'étonnant tour à tour de ne pas trouver la moindre photo ou vidéo des trafiquants présumés en train d'échanger billets et produits stupéfiants. « La France peut photographier Titan, mais on serait incapable de prendre des photos au carré Horace-Vernet (le secteur où sévissait le plus fort trafic, NDLR), a ironisé Eric Plouvier, défenseur d'un des bras droits du « chef » du trafic. Au chapitre des reproches, « l'interprétation des surveillances ». Outre les écoutes téléphoniques, les témoignages sous X, le témoignage d'un « repenti », plus communément désigné comme « la balance » par les prévenus, l'enquête repose sur des heures et des heures de surveillance. « Mais quand les policiers voient mon client descendre d'un scooter avec un sac, comment affirmer que le sac contient du cannabis », a plaidé Gérard Tcholakian, déplorant une tendance « à l'interprétation ». Les avocats pointent aussi « trop de pression ». Katia Mansuy, avocate d'un vendeur présumé, a souligné un dysfonctionnement : des policiers du commissariat de Nanterre ont affirmé avoir contrôlé l'identité de son client alors que celui-ci était... en prison. Les avocats ont pointé un procès « sous pression politique, judiciaire, policière ». Le procès du trafic à Pablo-Picasso, pointé parmi les 24 cités françaises les plus sensibles, selon le dernier classement de Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur. « On ne règle pas un problème social par la justice », estime Gérard Tcholakian. Le quartier a été largement évoqué au cours de cette audience. « Quand on naît à Pablo-Picasso, on a plus de chance d'avoir une barrette de shit dans la poche que le Code pénal », a lancé Joseph Cohen-Sabban. « Pas facile de grandir à Pablo-Picasso », avait aussi développé le procureur dans ses réquisitions. Sans excuser pour autant « la terreur » que faisaient régner les trafiquants présumés sur le quartier. Les plaidoiries devaient s'achever dans la soirée. Les peines seront prononcées le 11 mars.